
Le capitalisme et le social ne sont pas deux conceptions antagonistes. Ce sont deux notions indissociables, conjointement liées au profit du bien-être de l'homme.
Sans cette synergie, l'économie est dépourvue de création forte de la richesse et la société sans dynamique de prospérité générale.
Le capitalisme et le social développent énergiquement l'économie, afin de placer l'humain au centre du développement.
Partant de cette unité d'action, le capitalisme-social est le développement porté par l'ambition de mettre au profit du bien-être pour tous les richesses produites par le pays, de manière à garantir une vie meilleure à la population tout entière.
La modernité préconise d'orienter une évolution humaine entre le travail, l'emploi et le social et d'éradiquer le système de laissé-pour-compte, en bâtissant une société de prospérité populaire.
Une vie meilleure pour tous
Avec les vastes richesses dont dispose le Congo, je trouve totalement inacceptable que notre pays soit un Etat peuplé de pauvres en tout genre.
C'est pourquoi, dans la bataille que j'entends engager contre la pauvreté, je vais davantage consacrer les ressources du pays au profit du bien-être de chaque Congolais et favoriser l'émergence d'une Nation prospère. Une Nation composée d'hommes et de femmes jouissant d'une vie meilleure, par le travail dépourvu de salaire de misère, en faisant de l'excellence congolaise la référence de notre modèle de développement.
Au nom du capitalisme-social, aucune personne en situation de précarité ne sera privée d'existence convenable.
Je demanderai au Gouvernement de mettre en place un dispositif de solidarité nationale, pour venir en aide aux plus démunis, dans l'attente des fruits de la prospérité que chaque habitant en cueillera à terme, par le travail qui forge la grandeur de notre pays.
Conscient de l'immense tâche visant à engager le Congo sur le bon chemin du développement, je vise, par cet objectif, bâtir une société de droit et de prospérité générale. Une société citoyenne et moderne qui assure le meilleur épanouissement pour tous et dans laquelle le travail, l'innovation, la modernité sociale et la solidarité sont des valeurs principales.
L' Education
Le Congo a besoin d'une école qui donne à chaque enfant la chance d'accéder au savoir, d'acquérir une culture, de développer ses talents, d'apprendre un métier, d'avoir la maîtrise de l'informatique et d'entreprendre la découverte des langues étrangères.
L'école de la République que je propose, commence par le choix de la scolarité gratuite pour tous les enfants, dès la maternelle jusqu'à la fin d'études secondaires.
Je souhaite que tous les enfants du Congo soient scolarisés et reçoivent une instruction appropriée, afin de mieux répondre aux défis du développement en matière de citoyens instruits.
Je vais, dans ce but, engager des moyens importants en direction de la jeunesse pour que les jeunes sortant du système scolaire sans qualification intègrent une formation, en vue de donner un avenir convenable à tous les enfants de la République.
Cette mobilisation pour la jeunesse et le savoir s'ouvrira à toutes les
classes d'âge en renforçant le combat contre l'illettrisme, en multipliant les parcours de formation, en valorisant les filières agricoles, professionnelles, technologiques, pédagogiques, linguistiques, artistiques et scientifiques.
Je vais, pour cela, faire de l'Education le premier budget de l'Etat. L'engagement a pour priorité la rénovation des équipements scolaires, la construction des centres d'apprentissage et la modernisation de l'enseignement primaire, secondaire, supérieur, universitaire et la valorisation du corps enseignant.
Je crois important de mettre à la disposition de nos futurs talents tous les moyens nécessaires à l'instruction fonctionnelle, en soutenant la Recherche, l'innovation et les nouvelles technologies, lesquelles constituent la clé de notre futur et l'arme stratégique de notre développement.
Dans cette perspective, une bourse d'études décente sera mise en place, dès l'entrée en fonction du nouveau Gouvernement, pour améliorer la condition de vie de l'étudiant.
Je vais, en ce sens, mettre en œuvre un contrat de formation en créant une allocation d'autonomie pour les jeunes de 18 à 25 ans et les adultes poursuivant une formation en alternance, en engageant davantage les entreprises dans la formation professionnelle, vers l'accès facilité à l'emploi.
Valorisation de la fonction d'enseignant
Si tout l'argent que l'Etat dépense, pour des besoins égoïstes et pour le maintient des privilèges acquis, était consacré à la scolarité de notre jeunesse et la formation des compétences, le Congo aurait, à ce jour, accompli un pas décisif vers le meilleur développement.
Un franc dépensé pour l'instruction de la Nation est un investissement qui en va de l'honneur et de la grandeur du Congo.
Faute d'avoir longtemps négligé ce principe élémentaire, nous sommes, aujourd'hui, obligés de payer le prix fort en matière d'éducation et de formation.
C'est pourquoi, la valorisation de la fonction d'enseignant et de chef d'établissement scolaire, constitue une priorité majeure dans l'action de renouveau.
Les personnels éducatifs ne sont pas des personnes sans importance. Ils sont les artisans de l'avenir du Congo. Ils occupent une place non négligeable dans l'éducation de notre jeunesse et la transmission des savoirs et des valeurs pour préparer notre pays au monde de demain.
A ce titre, ils doivent être respectés, encouragés et rémunérés comme il se doit. Aujourd'hui, ils se sentent négligés et méprisés face à l'avenir. Je mesure leurs inquiétudes. Je m'engage à répondre à leurs attentes. Je veux favoriser une meilleure reconnaissance de leur métier, par la valorisation de la fonction pédagogique, en garantissant à l'enseignant un vrai statut de personnel de l'Etat avec un salaire décent.
J'ai confiance en leur capacité d'initiative et leur imagination pour remplir à bien la mission de l'école de la République.
La famille
Un grand nombre de parents éprouvent d'énormes difficultés pour subvenir aux besoins de leur famille, au point que la pauvreté et les privations auxquelles ils sont confrontés, affectent la natalité et menacent le développement du pays.
Des raisons d'espérer pour la famille
La situation de précarité des parents me préoccupe profondément. Je veux agir efficacement en faveur de la famille. Sans quoi, avec la conjugaison du mal-vivre, des conflits tragiques et des maladies destructives de masse, notre pays risque, à court terme, de connaître une baisse démographique importante, dont les effets seraient lourds pour la Nation.
Cette décroissance pourrait nous empêcher de répondre efficacement aux besoins liés à l'expansion, au financement de la protection sociale et au renouvellement des générations futures.
Face à cette préoccupation, j'ai pour ambition d'engager une grande politique de la famille. Une politique visant à l'instauration d'une allocation parentale pour les familles en difficulté, encourager la natalité, assurer à l'enfance de meilleures conditions d'épanouissement et soutenir le rôle éducatif des parents. L'investissement actif des parents est indispensable dans l'instruction des valeurs sociales, morales, civiques et citoyennes pour l'enfant.
Cette politique d'ampleur, s'accompagnera de mesures garantissant la protection de la maternité, le respect des droits de l'enfance, l'assurance vieillesse pour les mères de famille sans emploi et l'insertion spécifique pour les femmes sans qualification professionnelle, en aidant les jeunes mères célibataires à terminer leur scolarité.
Je vais, dans ce même cadre d'action, favoriser l'insertion spécifique des jeunes en déshérence, par l'école, l'emploi et la formation, en fonction des projets d'études et des besoins de chacun.
Mon ambition est de donner à la famille des raisons d'espérer et d'engager des avancées indispensables pour l'avenir meilleur de tous les Congolais et de notre Nation.
La condition de la femme
La femme Congolaise est la force du Congo. Elle nourrit le pays, instruit la Nation et fait vivre la République.
La place faite aux femmes est timide dans notre pays. Aucune femme ne doit être privée de sa liberté, de ses droits et de sa dignité.
La femme Congolaise doit prendre toute sa part au développement, jouer un rôle actif, avoir un revenu social lorsqu'elle est sans ressources et mener sa vie comme elle l'entend. C'est une ardente obligation pour la République.
Je veillerai à ce que le Gouvernement mette à sa portée tous les éléments pouvant améliorer sa condition dans les domaines de l'emploi, de la formation, du logement et de la garde d'enfants, en renforçant la protection contre les discriminations, la violence affective et le mariage forcé.
Le mariage imposé est une pratique tolérée dans notre pays. Elle porte gravement atteinte à la liberté de choisir dans une société libre, à laquelle je suis profondément attachée. Avec le vrai changement, cette coutume obsolète, faisant de la femme un sujet de marchandage, n'aura plus cours légal dans notre Nation citoyenne et moderne. Je soumettrai au Parlement un projet de loi visant à la supprimer.
Je ne ménagerai aucun effort pour garantir à la femme un meilleur environnement social, renforcer la mixité professionnelle dans tous les métiers, lui faciliter l'accès aux postes de responsabilité et permettre aux mères de famille de mieux concilier la vie familiale et le temps professionnel.
Je crois impératif, dans ce nouveau millénaire, de bâtir une société dans laquelle l'homme et la femme bénéficient de meilleures conditions d'épanouissement avec égalité des droits effectifs.
La santé
De nombreux Congolais meurent chaque année, faute de ne pouvoir bénéficier des soins de santé convenables, pour des raisons de manque de ressources et de structures médicales appropriées.
Le développement du Congo ne peut mieux se faire que si les Congolais sont en bonne santé et mieux soignés face à la maladie.
Sous ma conduite, il ne sera plus question d'être noble ou privilégié pour avoir accès à l'excellent traitement médical.
A cet impératif, je mettrai en œuvre une politique humaine de santé permettant à tous les Congolais l'accès à la qualité de soins, en harmonie avec les progrès thérapeutiques.
Pour ce faire, je vais mobiliser tous les moyens de l'Etat pour rénover les équipements hospitaliers, valoriser les compétences, construire des unités des soins modernes, soutenir la recherche médicale et garantir le droit à la santé, par l'instauration d'un système national de prise en charge des soins médicaux.
Investir dans la santé pour tous est vital pour l'avenir du Congo. A ce titre, la nouvelle politique de santé, conduira à la mise en place d'une gestion préventive des maladies sur l'ensemble du territoire et d'un suivi personnalisé pour des personnes atteintes de pathologies complexes ou d'affections de longue durée, en les prenant intégralement en charge si elles sont handicapantes.
Dans ce cadre, je chargerai le Gouvernement d'engager un plan national de santé permettant à tous d'effectuer des bilans médicaux. Et, aux femmes, de bénéficier tous les deux ans d'une mammographie, en faisant intervenir une législation ouvrant droits à des garanties effectives contre les maladies professionnelles et les accidents du travail, avec des compensations conséquentes.
Compte tenu de l'urgence qui prévaut dans le pays en matière de santé publique, je propose la création d'un fonds transitoire de l'Etat pour mettre rapidement en œuvre la politique humaine de santé. Celle-ci sera progressivement financée par les cotisations de l'assurance-maladie, laquelle sera instaurée sur une base conventionnelle pour tous, en garantissant la couverture vaccinale recommandée à l'enfance et à l'adulte.
A terme, toute la population bénéficiera d'un niveau élevé de protection sociale. Je mettrai en contribution tous les efforts de notre Nation pour améliorer l'état sanitaire du pays, en soutenant les professionnels de santé et le capital de générosité des organisations humanitaires.
Les personnes handicapées
Les personnes à mobilité réduite sont des citoyens comme tous les autres. Nous devons changer la manière dont elles sont considérées dans la société et favoriser leur intégration par l'école, la formation professionnelle et le travail protégé.
Nous devons leur offrir les moyens de vivre dans la dignité. Cela passe par la mise en place d'une politique généreuse et solidaire, visant à leur garantir l'accès facilité au logement, à la culture, aux loisirs, aux sports et aux spectacles.
Je veillerai attentivement à ce que le Gouvernement leur offre, par une loi handicape, des perspectives d'épanouissement leur permettant de vivre mieux, heureux et d'être indépendants.
La retraite et les personnes âgées
Le système général de retraite, en place depuis plusieurs décennies, est incompatible aux valeurs de solidarité dont les Congolais attendent de leur pays.
Le régime appliqué est fragile et sans humanité. Il ne permet pas de financer l'avenir de la retraite. Il accentue la précarité économique et sociale, avec l'absence de règles d'équité et de véritable répartition.
Il me paraît donc indispensable de mettre à plat l'ensemble des questions de la prévoyance sociale et d'instaurer un régime de retraite performant et solidaire, à l'avantage des retraités.
Je trouve injuste que des hommes et des femmes qui ont cotisé de nombreuses années pour s'assurer une retraite heureuse, perçoivent, au terme de leur vie professionnelle, une pension ne leur permettant pas de vivre décemment.
Justice sociale
L'injustice dont souffrent les Congolais, en matière d'attribution des retraites, est inacceptable. Je vais mettre fin à cette situation devenue pesante pour la charge des familles, en rétablissant dans leur droit tous les retraités que compte notre pays. De sorte que tous les cotisants en cessation légale d'activités bénéficieront, dans le cadre du droit à la retraite, fixé à l'age de 60 ans, d'une pension pleine, alignée sur le coût de la vie.
Les femmes, qui le souhaitent, pourront en avoir accès à partir de 55 ans.
Je vais, dans cette réforme générale de la retraite, intégrer les personnes âgées ne pouvant plus occuper un emploi et ne justifiant pas du taux plein. Il me paraît légitime qu'elles perçoivent une garantie vieillesse, équivalente à la retraite normale. Les mères de familles nombreuses, percevront une retraite sociale complète, même si elles n'ont pas exercé un travail salarié. Rien ne justifie que les droits des retraités soient spoliés.
Nous devons avoir l'esprit de justice et d'équité. Si un grand nombre de nos compatriotes âgées n'a pas occupé un emploi salarié durant leur vie active, la faute revient à l'Etat. Celui-ci n'a pas assumé son rôle de donner à chaque citoyen, en âge de travailler, la possibilité de trouver un emploi.
Meilleure retraite pour tous
Notre pays a les moyens de conduire une politique active de plein emploi et garantir une meilleure retraite pour tous.
Pour cela, je veux appliquer intégralement l'Economie fondamentale et développer un système de retraite par répartition qui assure un bon revenu à tous les retraités.
Je vais, par ce nouveau système social de retraite, demander au Gouvernement de fixer et d'harmoniser de vrais droits à pension, avec le calcul juste pour tous.
Ce régime général, respectueux des personnes âgées, sera financé par les fonds de l'Etat et progressivement par les cotisations solidaires, prélevées sur les actifs.
Mon ambition est de construire une société juste, prospère et généreuse, capable d'adapter le Congo à l'effort de développement qu'impose la modernité.
"Soutenir la famille et
le rôle éducatif des parents."
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Congo Avenir 2006