jeudi 11 mars 2010
Le choix précieux

Lors de son point de presse du 31 janvier dernier, le Président Joseph Kabila a rassuré le pays, au sujet des opérations conjointes menées entre le Congo et la République du Rwanda, pour ramener la paix dans le Nord et Sud-Kivu, en proie, depuis des années au conflit identitaire.
Dans un franc parlé sans équivoque, il a précisé que le but fixé n’a pas d’autres fins que celles d’en finir avec l’insécurité et le déni des droits sévissant dans la partie orientale du pays. Le fait que cette situation inacceptable est source de tragédie pour nos frères et sœurs de l’Est. .
Sagissant de l’intangibilité de la souveraineté et l’intégrité nationale, le Chef de l’Etat a pris soins d’en écarter aucun détail. De l’intérêt affectueux avec lequel le Congo aspire à la paix, il a par ailleurs certifié que le délai des engagements pris, avec le pays frère du Rwanda, n’ira au-delà du mois de février.
En soutenant la paix, on ne peut que féliciter la volonté du Président de la République de résoudre le prétexte d’instabilité à l’Est du pays et de restaurer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble de la République.
Mais, n’empêche que pour sûr que soient le temps fixé, l’extension de la tâche se prolonge et rejoigne la réalité. Tant si bien que le choix opéré n’est pas en lien avec le point de presse quotidien pouvant informer le pays et le reste du monde sur le bon déroulement des opérations conjointes.
A ceci, les on-dit divers ne permettent pas de voir l’horizon lointain. Le Congo et le Rwanda sont deux pays frères unis par des liens humains et géographiques d’une extraordinaire densité, scellés par l’histoire, que l'égocentrisme ne peut désunir.

Aujourd’hui plus qu’hier, nous devons avoir conscience que les temps ont changé et le monde évolue. L’ordre interdépendant, devenant indissociable pour maintenir la paix et la sécurité entre les nations, doive façonner la nécessité de vivre ensemble côte à côte. En agissant, les uns envers les autres, avec solidarité et considération mutuelle, face aux réalités contemporaines et à nos responsabilités communes.
Notre but conjoint doive être de faire de l’Afrique un continent de paix et de prospérité, à travers l’intégration à l’Union africaine. En lui donnant le rôle d’acteur majeur de la mondialisation, en développant des ambitions inégalées dans les domaines de l’échange, de l’investissement et de la consolidation de l’Etat de droit. En vue d’enraciner la démocratie et la stabilité sur l’ensemble du continent.
A l’heure qu’il est, des nombreux compatriotes n’ont pas d’éléments d’informations précis pour distinguer le bon grain de l’ivraie résultant de la diversité de la communication planétaire. Car aujourd’hui ce qui est vrai pour le pays, ne l’est pas pour le peuple.
Il y va de son prestige que le Congo s’abstienne de se voir seul au monde, sans tenir compte du regard des autres ni de l’opinion de sa propre population. Un pays n’existe que s’il est vu et lu. D’où la portée de satisfaire le désir informatif de lever les ambiguïtés.
Il n’échappe à personne que le Congo est un pays libre et souverain. Qu’il possède de pleins pouvoirs d’agir, sans l’avis de quiconque. Mais en dépit de la liberté qui est la nôtre, nous ne pouvons ignorer que le Congo est aussi pays membre des Nations Unies, depuis le 20 septembre 1967.
Partant de ce titre transcendant le droit national, notre pays est tenu, en toute circonstance, de se conformer aux buts et principes régissant l’ONU.
Tel que prévoit la Charte des Nation Unies, dans son article 1, l’exercice d’adhésion à la jouissance des droits inhérents lie le Congo à la nécessité de :
1- (…) réaliser, par des moyens pacifiques, conformément aux principes de la justice et du droit international, l’ajustement ou le règlement de différends ou de situation, de caractère international, susceptible de mener à une rupture de la paix. ;
2- Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes, et prendre toutes autres mesures propres à consolider la paix du monde ;
3- Réaliser la coopération internationale en résolvant les problèmes internationaux d’ordre économique, social, intellectuel des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion ;
4- Etre un centre où s’harmonisent les efforts des nations vers ces fins communes. ( fin de citation).
Partant de ce qui précède, le respect des droits et obligations d’adhésions aux fondamentaux de l’ONU, implique le Congo au devoir de remplir de bonne foi les obligations adoptées par le pays pour la construction d’un monde meilleur et juste.
Pour cela, les suggestions formulées sur le processus de paix, par des organisations ayant autorité sur le droit international, la légitimité démocratique des gouvernements, le respect des droits humains et le principe d’égalité entre les nations du monde, doivent interpeller chacun d’entre nous. Le fait que les autorités nationales divergent sur les prescrits touchant le fonctionnement de l’Etat, sans que le pays soit informé du tenant et des aboutissants.
La République telle que nous la voulons Belle, Forte, Responsable et Généreuse ne peut se défaire de son destin radieux pour s’habiller d’une sombre espérance.
Le Changement d’hommes à la tête de l’Etat, qu’on ébauche à l’insu du peuple souverain, enfoncera le Congo dans une impasse économique, sociale et humaine sans précédent.
Le Congo dispose d’un président démocratiquement élu. Un président dont la souveraineté sur laquelle repose l’édifice de la Nation est plus solide qu’on ne le croit. D’autant qu’il a la confiance du peuple et de la République.
Et de tout ce qu’on peut penser sur le pays, nous devons en être attentifs sur le respect de la Constitution, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et le rayonnement de l’astre d’or guidant la République.
Pour ce qui est du droit constitutionnel, la Constitution congolaise du 18 février 2005, confère la souveraineté nationale au peuple qui l’exerce par ses représentants élus au Parlement et par voie référendaire.
Partant du droit national suprême, le Parlement est le pilier essentiel de l’existence de la République. Un élément illustre de notre liberté, au niveau le plus élevé de la hiérarchie de l’Etat. C’est en fonction de lui et par son entremise que le Congo peut aujourd’hui exister, survivre à l’envie de la déliquescence et faire entendre sa voie au monde libre.
Pour cela, le choix de la dissolution de l’Assemblée nationale, pour ramener le paix dans le pays, parce qu’il existe un malentendu dans le fonctionnement de l’Etat, le schémas, distillé savamment dans l’opinion, ne sert pas la paix. Il ne répond ni au déni des droits humains dont souffre le Congo, ni au désir de ses habitants de vivre dans la dignité ;
Si la Communauté internationale veut aider le Congo, comme elle le fait de tout coeur, le salut pour notre pays commun, n’est pas ailleurs. Il réside dans le respect de la Constitution, le fonctionnement régulier des institutions, la continuité des actes de l’Etat, la réconciliation du Congo avec son destin et la résolution pacifique du conflit de l’Est, conformément aux recommandations de l’ONU, du Conseil de sécurité et des partenaires en développement.
Rappelons-nous que la présidentielle de 2006 avaient pour but de donner au Congo et à son peuple un avenir de paix et les moyens de vivre dans la dignité et le bien être.
La victoire de la démocratie, dont nous avons célébrée ensemble, à été un jour de joie et de fierté, non seulement pour le Congo, mais aussi pour l’Afrique et tous ceux qui à travers le monde croyaient en la possibilité pour notre pays de satisfaire les conditions nécessaires à son développement.
Mais, l’espoir soulevé a été terni par le climat d’intolérance qui s’en est suivi. Et lequel a refroidi le zèle de ceux qui espéraient se joindre au nouveau départ. A tel point que la contrainte a mis en retard l’unité du pays et la venue des jours meilleurs.
Et comme l’immobilisme prospère en pareille circonstance, les combinaisons très fortes des intérêts particuliers et des privilèges égoïstes ont bloqué de mains de fer les assurances de renouveau et de ceux qui comptaient donner au pays un gouvernement d’ouverture à la diversité. Sans esprit de tribalisme, de rejet de la personne invalide et de discrimination raciale.
Malgré cette péripétie austère, la présidentielle de 2006 est une étape importante pour le Congo. Le succès réalisé doit être vue comme favorable pour l’exemplarité et non une vaine gloire. Quoi qu’en pensent certains, la majorité des congolais croient en la vertu électorale que l’imperfection humaine et les malentendus ne sauraient altérer.
Au jour d’aujourd’hui, face au souci que traverse le pays, il serait mieux de reprendre ensemble notre marche vers le progrès. Au lieu de se préoccuper de la répétition des erreurs du passé, il est autant avantageux de privilégier la singularité du Congo et les principes de la démocratie.

Le Congo que nous chérissons et maltraitons à la fois, est un héritage commun. Ce n’est pas la propriété d’une race, d’un clan, d’une ethnie ou d’une tribu, tel que nous pensons le faire avec le remue-ménage au sein des institutions. Le Congo possède un président élu démocratiquement pour un quinquennat. Il est celui qui harmonise les débats, distribue la parole nationale, permet le dialogue entre le Citoyen et l’Etat, veille à l’équilibre des institutions et au bien commun.
Pour ces raisons élémentaires, si nous n’y prenons garde d’agir avec discernement, la détresse des habitants (que les initiatives crédibles s’attachent à résoudre), risque d’infliger des atteintes graves à la démographie. Des atteintes que prédisent, jours après jours, à travers de nombreuses déclarations publiques, les institutions des droits de l’Homme de l’ONU, les pays du monde libre et divers organisations non-gouvernementales. Telles que Human Right, Le Centre AIRE, Amnesty International, la Fédération Internationale des Droit de l’Homme… et bien d’autres.
Contrairement à l’idée que nous faisons de la République, la détermination de paix existe. Elle est manifeste par la voie de l’intérêt national. Et ce n’est pas en vain, ni pour amuser les bonnes volontés, que je m’attache à rendre possible le bonheur de tous. Car il n’y a pas d’autre issue pacifique à l’alternative crédible de Vrai changement. Ceux qui la refusent condamnent la patrie.
Pour cela, il serait utile que nous puissions garantir la paix par des actes qui concourent à la liberté et la sécurité d’assumer la charge de s’administrer librement. Tel que je ne cesse de l’exprimer dans la certitude qui est la mienne.
Comme promis, je me suis récemment rapproché du pays, en vue d’œuvrer pour la paix.
Le rapprochement entrepris n’a pas rencontré l’enthousiasme attendu. Les entrevues sollicitées se sont confrontées au fait accompli et au comportement mettant en cause l’intégrité des personnes. A tel point que, sans liaison officielle, je me suis retrouvé dans l’incapacité de remplir les engagements amorcés. Avec le désir inachevé de rencontrer l’ensemble de nos partenaires.

Pour que le Congo soit à même de réaliser le bon développement et l’ambition qu’il incarne pour l’humanité, j’ai la conviction qu’aucun pays amis ne doit rester en marge de la République. Nous devons, ensemble, travailler main dans la main, dans une coopération stratégique intégrale et nouer des partenariats diversifiés, permettant de tirer meilleur partie des opportunités prometteuses.
À ce choix, le moins que je puisse dire, soyons certains que la parenthèse incomplète n’entame pas les raisons pour lesquelles je place le destin du pays dans l’action commune de relèvement national. D’autant que le renoncement ne guide pas mes convictions. Et qu’aucune incompréhension ne pourra changer ma position de principe et les valeurs qui nous unissent et qui fixent notre cap.
Dès que les conditions officielles de fraternité le permettront, je reprendrai le chemin emprunté pour honorer la parole donnée et répondre aux aspirations collectives.
Ne nous trompons donc pas d’objectif. Faisons le bon choix. Le choix infaillible.
Le Congo a besoin d’une paix juste, fraternelle et durable. Permettant de garantir à tous de bonnes conditions de vie et de favoriser le bon voisinage entre les Etats de la région des Grands-Lacs et de l’ensemble du continent.
Sans risque de vous décevoir, vous pouvez comptez sur moi, dans la foi et la fidélité de réaliser le progrès social et économique, en faveur de l’avenir meilleur pour tous.
Ensemble, nous le ferons.
Alain Matumona
Congoavenir@gmail.com
Le 13.02.2008
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Congo Avenir 2006