
L'économie du Congo marche au ralenti.
Les richesses créées par notre pays ne sont pas fortes pour stimuler la croissance, combattre le chômage et apporter à tous les Congolais la prospérité.
Il est temps qu'une autre logique économique se lève, au service du bien de l'humain. Raison pour laquelle, je fais le choix de l'Economie fondamentale, l'économie de bien-être.
Celle-ci est la création efficace de la richesse liée à l'implication forte des facteurs endogènes de croissance dans l'amélioration des conditions de vie de l'homme, en conciliant dynamisme économique, modernité sociale et prospérité pour tous.
Ces facteurs, à savoir, l'emploi, le pouvoir d'achat, l'épargne, la consommation, l'investissement, la Recherche, l'innovation, les dépenses publiques saines et la protection de la ressource, sont des potentiels de création efficace de la richesse, sans lesquels l'économie n'est pas source de satisfaction des besoins de l'homme.
Le déficit de l'un des facteurs entraîne un préjudice qui affaiblit l'activité, déprime la consommation, ralentit la productivité et provoque la destruction massive d'emplois. D'autant que chaque élément endogène de croissance agit en étroite synergie avec l'ensemble des potentiels pour l'édification de l'économie.
L'économie crée efficacement de la richesse au service du bien-être de l'homme, lorsqu'elle est rentable par elle-même. C'est-à-dire, lorsqu'elle crée de la prospérité aux éléments qui sont la source de la croissance nécessaire à l'expansion économique forte.
Une économie qui crée l'activité, assure les revenus et produit des travailleurs mieux payés, génère une prospérité dont la force d'entraînement est infinie dans le temps et peut, sans limite, attiser une croissance prospère, au profit d'un regain d'activité économique durable et d'essor dynamique, sans risque d'effondrement permanent.
C'est pourquoi, nous devons changer d'économie et orienter notre création de la richesse sur l'impact du pouvoir d'achat fort, porteur de bien-être et de satisfaction sociale, au lieu de l'aligner sur la valeur multiplicatrice du prix.
Le prix cumulatif entraîne la hausse constante du coût de la vie sans tenir compte de l'utilité même de l'économie, laquelle n'obéit qu'à sa propre logique rationnelle pour être compétitive, prospère et bénéfique à l'humanité.
Dans ce nouveau siècle dominé par des agissements mercantiles, nous devons nous s'abstenir de compromettre l'économie au profit de son contraire. L'économie c'est la création de la richesse en relation avec l'homme, son temps, ses besoins et son devenir.
A ce titre, notre économie doit être créative, compétitive et généreuse, en privilégiant les produits de meilleure qualité que nous pouvons vendre facilement à prix réelle. Cette approche, nous permettra de créer le revenu qui contribue au relèvement de la qualité de vie, de manière à favoriser le dynamisme économique et le bien-être, en étant attentifs à la protection de la ressource et la préservation de la planète, notre lieu de vie.
J'ai la conviction que le Congo connaîtra rapidement la prospérité si nous travaillons à créer de la richesse enrichissante pour tous, modernisons notre système de consommation pénalisante et mettons en place une structure efficace de l'économie qui neutralise toute tendance restrictive, respecte la masse travailleuse et protège la nature.
Pour passer du principe à l'action, nous devons favoriser l'emploi, ouvrir la consommation à la société toute entière et faire ce qu'il faut pour que le salarié ne soit pas une charge pesante pour l'entreprise et soit mieux payé.
C'est-à-dire, il nous faut soutenir l'activité, adapter l'offre à la demande et mettre tout en œuvre pour que le coût du travail lié aux charges de l'employeur soit totalement exonéré et le salaire soit élevé par rapport au niveau de vie aligné selon les besoins de l'homme, de la libre concurrence et du développement responsable; de manière à concentrer la création d'emplois dans le développement d'activités porteur d'expansion prospère.
Cette finalité permettra au Congo de développer, dans le temps, une économie riche de croissance et d'emplois durable, en s'affranchissant des excès de la mondialisation et des maux qui lui sont associés.
L'Etat ne doit pas avoir une attitude de démission face aux besoins de régulation économique et sociale que justifie la condition humaine. La légitimité souveraine recommande de soutenir les initiatives, d'amplifier l'innovation et d'apporter des avancées sociales à la population, au lieu d'entraver le progrès par des lois contraignantes. L'action salutaire de l'Etat, face à la dégradation des conditions de vie, est une obligation de notre temps, afin que l'homme soit placé au centre du développement.
D'où ma détermination, dans l'économie de bien-être, à libérer l'entreprise, établir une fiscalité du travail assise sur la masse salariale, créer de la consommation populaire, donner le pouvoir d'achat conséquent et instaurer un salaire de prospérité, avec pour priorité le plein emploi.
Il est vital pour une économie responsable, de ne pas laisser souffrir le caractère enrichissant du travail. Elle doit réagir dans l'évolution des comportements consistant à évaluer l'humain comme un produit marchand.
Dans un monde compétitif à mutation permanente, la mission de l'entreprise ne consiste pas à payer les charges pour le salarié. Elle a pour vocation : développer l'activité, créer de l'emploi, donner le salaire permettant de vivre mieux du premier au dernier jour du mois et honorer la fiscalité sur le travail; en conciliant dynamisme économique, modernité sociale, formation et meilleures conditions de travail.
En contrepartie, le salarié met a profit ses compétence pour l'entreprise. Il assure son revenu par son travail et participe à la cotisation solidaire d'activités salariées. L'Etat, garant du bien-être général, garantit une meilleure retraite et le haut niveau de protection sociale pour tous.
Cette finalité humaine, responsable et républicaine, laquelle vise à favoriser les liens d'équité entre l'entreprise, le salarié et l'Etat, est le socle d'expansion garantissant le bien-être et la prospérité pour tous, dans notre époque où le laissé-pour-compte tend à devenir le modèle parfait.
L'Economie fondamentale, dont le moteur principal est le pouvoir d'achat fort, est contraire à toute orientation visant à pénaliser l'homme, l'emploi et le salaire. Sa fonction n'est pas de réduire l'économie à la logique absolue de profit pour le profit. Elle a pour but d'optimiser l'activité, de créer de la richesse enrichissante et de procurer de la prospérité à la population toute entière.
Avec la dynamique de cette création forte, je veux donner un emploi à chaque Congolais, offrir la qualité de vie pour tous et bâtir de l'efficacité économique sur le plan de l'industrie, de l'agriculture, du tourisme, de l'énergie, de la technologie, de la recherche, de la finance et de la fiscalité.
L'industrie
L'industrie est indispensable pour le développement du Congo.
Elle aura pour effet de développer l'activité, d'acrroître la production nationale, de diversifier la source de revenus et d'augmenter la part de nos exportations dans le commerce mondial. C'est pourquoi, nous devons rompre la dépendance de notre économie sur le seul apport du secteur minier.
La concentration d'efforts dans un seul domaine d'activité génère d'importants manques à gagner dans la création de la richesse, pendant que d'autres secteurs de l'économie sont délaissés. Il serait donc néfaste pour le développement de notre pays, de laisser s'intensifier ce gâchis national. Je vais tout mettre en oeuvre pour éradiquer le phénomène.
Même si aujourd'hui, il est nécessaire d'amplifier l'impulsion des entreprises minières, je crois vital de renforcer la diversification industrielle pour créer davantage d'opportunités économiques fortes.
L'agriculture
Nos faibles capacités d'activités agricoles, liées à l'insuffisance de structures de productivité, ne permettent pas à notre agriculture de répondre avec efficacité aux besoins du pays et aux perspectives de notre économie.
Pour remédier à cette faiblesse, il nous faut développer une agriculture capable de satisfaire l'autosuffisance alimentaire et de couvrir la demande liée à la consommation, la transformation industrielle et l'exportation.
A cette fin, je mettrai en œuvre une politique agricole performante, adaptée aux besoins de développement du Congo. Ceci, en modernisant nos méthodes de culture, avec pour objectif d'étendre davantage les espaces cultivables respectueux du milieu naturel, en vue d'obtenir une production saine, abondante et compétitive.
L'ambition est de doter notre agriculture des moyens de son expansion rapide, visant à instaurer un statut viable d'exploitant agricole, diversifier l'élevage, développer l'agro-industriel et acheminer la production vers des centres de consommation modernes, avec la mise en place du prix rémunérateur. Prix permettant à nos agriculteurs de vivre décemment du produit de leur travail, en convergeant l'offre, la demande et le pouvoir d'achat.
Dans cette nécessité, je mettrai à contribution tous les efforts de renouveau pour que notre agriculture soit économiquement forte, en concilliant respect de la santé humaine, qualité de la production et protection de l'environnement.
L'énergie
L'électricité produite par la centrale hydroélectrique d'Inga nous permet une réussite économique remarquable.
Exploitée en fonction des besoins et des possibilités qu'elle exprime, elle nous autorise de nous doter des capacités industrielles fortes,
d'améliorer l'accès en électricité sur l'ensemble du territoire et d'attirer sur notre sol l'implantation d'activités consommatrices d'énergie.
Dans cette perspective, je vais engager une politique énergétique efficace. Une politique visant à amplifier le potentiel de la centrale d'Inga, apporter systématiquement l'électricité dans les foyers et les localités qui en sont dépourvues, favoriser la consommation au meilleur coût d'utilisation pour l'entreprise et renforcer les partenariats au niveau de l'Afrique et à l'échelle internationale.
Cette politique aura pour objectif, de produire une énergie de prospérité qui soit un levier déterminant pour développer l'économie, améliorer le cadre de vie, approvisionner en eau potable l'ensemble de la population et promouvoir l'attractivité du territoire.
Le Congo a besoin d'une énergie créatrice de la valeur, digne de projeter le pays vers le progrès et la modernité.
Je vais dans cette optique, investir en faveur d'Inga 3 et dévélopper notre recherche dans l'énergie solaire, l'éolienne, l'hydrogène et le biocarburant, afin de diversifier les énergies renouvelables et promouvoir l'industrialisation respectueuse de l'environnement.
L'expansion qui s'en suivra permettra au Congo de devenir une force énergétique au service de l'homme, du bien-être et de l'avenir de la nature.
Le tourisme
L'impact du tourisme dans le développement du Congo est constamment négligé.
Pourtant, avec la diversité de ses paysages, la qualité de son environnement et la richesse de son patrimoine culturel varié, le Congo dispose d'un tourisme prometteur, capable de jouer un rôle majeur dans le développement du pays, au même titre que les richesses minières.
Je vais saisir cette excellence et engager une politique de développement touristique de grande ampleur, fondée sur la thématique de transformer notre tourisme en industrie productive, et faire en même temps de notre pays un lieu privilégié à découvrir et à visiter en toute liberté.
La technologie
Le retard accumulé dans le domaine de la technologie condamne le Congo à demeurer pour longtemps en marge de l'évolution du monde en mutation permanente.
Si nous n'agissons pas dès maintenant, ce retard va s'accroître dans les années à venir et nous risquons de ne pas être en phase avec les enjeux de la modernité. Nous devons donc réagir vite et engager avec force la modernisation qualitative du pays.
C'est pourquoi, j'ai pour ambition de mettre en oeuvre une politique technologique de choix majeur, en adoptant les meilleures technologies disponibles, avec pour exigence de réduire rapidement l'écart qui nous sépare chaque jour davantage des pays avancés, des frontières de la connaissance et du monde de demain.
Cette politique volontariste, portera sur la mise en place d'équipements performants, capables d'amplifier l'accès aux nouvelles technologies de l'information et de la communication sur tout le territoire. L'action s'étendra notamment sur l'investissement, la recherche, l'innovation et l'excellence, en vue de favoriser l'expansion économique et de rendre nos entreprises compétitives.
Le travail à accomplir dans ce domaine est considérable pour le Congo.
Dans un monde en constante évolution, l'Etat a le devoir d'encourager le progrès et de généraliser l'usage des technologies numériques, afin qu'elles soient un vecteur qui contribue au développement et deviennent un support de communication favorisant l'accès à la connaissance.
La recherche
La Recherche est le futur d'un pays. Elle se meurt si elle n'est pas soutenue et son savoir n'est pas diffusé pour répondre aux attentes de la société d'aujourd'hui et aux enjeux des générations à venir.
Le rôle de l'Etat est déterminant dans ce domaine, plus que l'on croit.
Au regard de peu de moyens dotés à notre Recherche pour préparer l'avenir, je constate qu'elle a besoin de financement réel, en vue de coordonner davantage les résultats issus de nombreux domaines d'activités. Ceci, afin de développer l'innovation et soutenir la croissance, dans un processus de synergie, par rapport aux applications scientifiques, industrielles, technologiques et économiques.
Partant de cette préoccupation, je vais élever la Recherche au rang de priorité nationale et augmenter son budget. Mon ambition est d'engager le Congo dans une grande politique de recherche fondamentale et appliquée dans différentes disciplines, en valorisant la conjonction recherche, industrie et développement.
C'est un moyen fort pour notre pays de s'investir dans l'élaboration des évolutions futures, afin qu'il soit une Nation où l'on invente, où l'on agit.
L'investissement national est vital pour que le Congo ait le potentiel de promouvoir une intense coopération entre organismes de recherche publics, privés et universités dans le monde. Une coopération digne de faciliter les échanges pour l'enrichissement d'expériences et de découvertes, d'encourager les jeunes talents et de mettre en avant la Recherche congolaise, pour avancer plus loin et plus vite dans l'innovation, aujourd'hui et demain.
Le système financier
L'absence de compétitivité de notre système financier exige de celui-ci une réforme profonde. D'autant qu'il est
impossible d'assurer l'expansion d'un pays avec une architecture monétaire éloignée des réalités économiques et du quotidien de la population.
Cette réforme est nécessaire pour garantir la vitalité de notre économie et promouvoir un secteur financier actif, capable de développer l'emploi, d'accroître la richesse nationale et d'agir sur la valeur de notre monnaie.
Raison pour laquelle, nous devons sortir de l'activité bancaire timide et transformer nos banques en véritable établissement financier. Un établissement qui effectue des transactions productives, mobilise l'épargne, constitue de bonnes réserves de change, encourage l'investissement et l'exportation, garantit le micro crédit et assure le fonctionnement du système de paiement, en veillant à la disponibilité des fonds.
Cette approche favoriserait la solidité financière du Congo. Elle nous fournirait des marges budgétaires énergiques, permettant de réagir avec efficacité, dans le cas où le pays serait confronté à d'importantes difficultés conjoncturelles.
Dans cette perspective, je chargerai le Gouvernement de doter notre monnaie d'un potentiel d'appréciation réel avec la confiance que l'économie et la population peuvent lui en témoigner dans un environnement économique vertueux à dimension internationale.
C'est pourquoi, je souhaite que la banque centrale devienne une véritable institution indépendante, investie du libre pouvoir de conduire une politique monétaire qui soit facteur de croissance, de réduction de l'inflation, de pouvoir d'achat fort et de compétitivité dynamique.
Le Congo a besoin d'une monnaie qui inspire confiance. Une monnaie stable dont la valeur est définie par le développement de la prospérité nationale et le dynamisme de notre économie dans le commerce mondial.
La fiscalité de croissance
L'impôt est un outil indispensable au développement du Congo. Il permet d'accroître l'efficacité des finances publiques pour améliorer le quotidien.
A ce titre, la fiscalité de croissance, que je propose, ne sera pas une imposition aléatoire. Elle sera un impôt organisé de façon à financer le développement et l'innovation, par la bonne utilisation de l'argent de chaque Congolais confié à l'Etat.
Pour cela, il nous faut un impôt progressif sur le revenu, en introduisant la justice fiscale, pour que chaque citoyen participe de façon légitime en faveur du budget collectif.
Chaque Congolais bénéficiera de cette imposition juste, active et solidaire. L'effet portera sur l'efficacité de l'action de l'Etat permettant d'améliorer le service public, d'accroître la qualité de vie et de renforcer le dynamisme du territoire.
Partant de cette logique réformatrice, je demanderai au Gouvernement d'organiser la fiscalité de croissance autour du système de retenu à la source et de légiférer sur le principe de la rémunération salariale, en instituant un service bancaire de base pour tous.
Je souhaite que la rétribution du travail se généralise en monnaie scripturale. Ceci, en supprimant progressivement le paiement en numéraire, pour rendre plus efficace la collecte de l'impôt au service de l'homme, l'emploi et la croissance de la prospérité nationale.
La fiscalité de croissance ne tue pas l'économie et n'affecte pas le pouvoir d'achat. C'est l'absence de salaire décent qui détruit la création, rend inopérant le travail, accroît le déficit, affaiblit l'économie et génère la misère sociale.
Raison pour laquelle, il me paraît essentiel de mettre une imposition adaptée à la performance de nos entreprises, afin de promouvoir l'activité et l'expansion qui favorisent le salaire et réduisent la fiscalité pour chacun, en veillant à ce que la progression de la dépense publique soit en adéquation avec les ressources de l'Etat.
Favoriser le plein emploi
et la prospérité générale
Il est avantageux pour l'entreprise qui crée l'emploi, donne le salaire et participe au développement de la richesse nationale que l'activité salariée soit assujettie à l'impôt par la contribution proportionnelle, à partir d'un principe simple: plus la masse salariale est importante, moins est l'impôt sur l'activité du travail qui s'investit dans la croissance de la prospérité générale.
Ce choix réformiste permet de donner à l'entreprise les moyens de s'épanouir efficacement, de créer de nouveaux métiers et de développer l'emploi durable au service de l'homme.
L'entreprise est une richesse précieuse pour notre pays. Nous devons éviter d'oppresser son activité et de pénaliser le revenu qu'elle génère sous le poids de l'imposition. A cet égard, si une entreprise est confrontée aux difficultés, liées aux aléas de la compétitivité, elle pourrait, si nécessaire, bénéficier d'une exonération fiscale totale pour lui permettre de reprendre rapidement de la vigueur et préserver l'emploi.
En soutenant efficacement l'entreprise, nous allons doter notre économie d'une grande capacité de création permettant de relever les défits de la modernité au service de l'emploi, de la finalité des besoins de l'homme et de la croissance de la prospérité.
Je veux un Congo au travail où chacun prend sa part au développement et retire de lui une partie de son épanouissement.
C'est pourquoi, je veillerai à ce que l'Economie fondamentale apporte à tous les Congolais le bonheur national, par le moyen d'une conjonction des initiatives de la prospérité, basé sur le capitalisme-social. L'antidote efficace contre la pauvreté.
 
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Congo Avenir 2006