

Mercredi 7 février 2007
Le nouveau Gouvernement

La pression diplomatique a produit son effet.
Le week-end dernier, les partenaires occidentaux, mécontents de la répression sanglante du Bas-Congo, ont adressé un ultimatum au nouveau pouvoir, l’ordonnant de donner au pays, dans les brefs délais, un Gouvernement issu des élections générales.
L’ « injonction » portait un message clair, sans ambiguïté : « toute obstination entraînerait la déchéance du soutient apporté jusqu’à présent à la RD Congo ».
Devant l’exigence diplomatique pressante, l’Etat congolais a lâché du lest. Il renonça aux manœuvres tendant à retarder la mise en place du gouvernement, attendu depuis décembre 2006.
Lundi 5 février au soir, la RTNC (la télévision nationale) a annoncé, par la lecture à l’antenne d’une ordonnance présidentielle, portant nomination des membres du nouveau Gouvernement.
Accouché dans la douleur et dans la réprobation de la brutalité policière, l’équipe gouvernementale dirigée par, le Premier ministre, Antoine Gizenga, compte 60 ministres dont 9 femmes seulement. Quelle composition misogyne ?
Le Gouvernement démesuré et exclusif n’est pas représentatif de la grande nation congolaise.
La diversité de la République n’a pas été respectée. Nos concitoyens de race blanche et certains compatriotes des provinces des deux Kivu se sont vus sevrés de participation gouvernementale.
Cette attitude discriminatoire s'écarte de l’esprit de réconciliation et d’unité nationale. Le Congo a besoin de l’énergie de tous ses enfants et de tous ses talents pour réussir le bon développement.
Il y a des signes qui ne trompent pas. Essuyant des critiques sur le vide faisant retarder l’exécution des réformes nécessaires, le nouveau pouvoir est très affaibli par le déficit de dextérité dans la gestion de l’Etat. La communauté internationale l’exhorte à opérer un réajustement d’orientation politique, tournée vers la satisfaction des attentes de la population, la lutte contre le gaspillage et les détournements des fonds publics, le respect des droits humains et le refus de recours à la force comme solution aux problèmes du pays.
L’Etat congolais n’a pas d’autre voie. Il n’a qu’à saisir l’opportunité lui présentée s’il veut éviter la désaffection des partenaires au développement du Congo.
Sans quoi, ce serait la fin de « l’Etat de grâce ». Et ceci mettrait en cause la mise en œuvre des chantiers prioritaires pour l’avenir du pays. Au désavantage de tous.
Alain Matumona
Mise à jour le 07 février 2007
Congoavenir.com 2007
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Congo Avenir 2006