
samedi 05 juillet 2008
Le meilleur destin
Les Congolais jouissent de la renommée d’être un peuple pacifique.
Cela a été démontré plusieurs fois au cours de l’histoire nationale et plus récemment lors de la présidentielle 2006.
Cette admirable notoriété, nous avons le devoir de la préserver au delà de nos différences d’opinions et de convictions. Cela suppose d'être vigilant.
Les temps anciens sont révolus. Le Congo est dans un contexte nouveau d’organisation constitutionnelle.
Voici bientôt une année que nous avons élu le président de la République. Nous avons des institutions nationales et un Gouvernement voulu par le choix souverain. Nous avons engagé une nouvelle répartition des responsabilités entre l’Etat et les collectivités territoriales et réussi à sortir des schémas dictés par l’habitude.
La République s’est dotée d’une Assemblée législative, d’une majorité stable et d’une opposition parlementaire.
Fort des valeurs du pluralisme qui ont fondé notre pays, le Peuple, par la liberté de penser, forme une opposition libertaire que les pouvoirs publics doivent intégrer la réalité.
La démocratie est devenue une référence nationale, même si beaucoup d’améliorations restent à faire pour la consolider. C’est un effort de longue haleine qu’il nous faudra poursuivre et amplifier dans la durée.
Le Congo est en marche vers l’avant. Rien n'est jamais parfait pour l'homme. Il est essentiel de progresser.
Conformément à cette évolution, le Congo dispose d’un cadre national dans lequel nous pouvons œuvrer ensemble pour bâtir notre avenir et exprimer dans le dialogue nos opinions.
La liberté d’expression est vitale à l’exercice de la démocratie. Mais ce droit universel n’exonère pas de se garder du danger des idéologies qui exacerbent les clivages et les divisions entre compatriotes.
A cet égard, même si pour une raison quelconque on ne se sent pas reconnaître dans la nouvelle architecture institutionnelle, il convient, néanmoins, de manifester sa divergence de façon pacifique et respectueuse des institutions et des personnalités qui les représentes. Chacun est libre de le faire à travers notamment le canal de la communication planétaire. Beaucoup de nos compatriotes l’accomplissent déjà remarquablement au quotidien.
Je pense qu'il serait préjudiciable à la cause qu’on défend d’agir de manière illogique si l’on constate que la politique du pays n'est pas conforme aux attentes qu’on se fait l’idée.
Le Congo a besoin de cohésion nationale et de paix sociale. Un comportement républicain est de rigueur pour porter l’ambition d’une nation réconciliée et rassemblée autour de l’idéal de Paix, Justice et Travail, qui seul peut nous procurer un avenir de stabilité et de progrès.
Le Gouvernement à la responsabilité constitutionnelle de représenter le Congo et de porter la grandeur de notre pays partout dans le monde. Il doit pour cela exercer avec le sens des responsabilités les missions qui s'est données, sans transiger sur les valeurs de paix et l'intégrité de la République. C’est une exigence impérieuse pour l’efficacité de notre diplomatie afin que notre pays occupe la place qui est la sienne dans le nouvel ordre mondial.
Je trouve incohérent, au regard de la liberté et de la démocratie auxquelles nous aspirons tous que l’action du Gouvernement national soit sur ce point entravée.
Malgré les aléas qui font prendre conscience du caractère autoritaire de la dérive ancienne, l’alternance ne doit pas devenir l’enjeu d’affrontements et d’insultes entre la majorité et l’opposition.
En agissant comme si on était un peuple qui se déteste par la force des événéments, c’est la République qui recule et avec elle une partie de nos valeurs communes qui risquent de se dissoudre, en altérant la fierté dont nous avons l'an dernier donné une portée plus grande.
Il est donc inadmissible de tolérer les atteintes physique et morale portées à des membres du Gouvernements lors de leur séjour à l’étranger.
Je condamne avec la plus grande fermeté ces actes d’intolérance. Ils n’honorent pas notre démocratie et ne rehaussent pas notre attachement aux valeurs de la République.
Des tels agissements mettent en péril la nécessité de l'ordre juste et le respect des droits naturels de chaque individu.
La liberté dont le Congo a besoin, consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui, quelle que soit sa croyance ou ses opinions.
A ceux qui sont touchés dans leur chair, je leur témoigne, avec mes sentiments déférents, ma profonde sympathie et ma vive solidarité.
Je sais combien vous êtes affectés et révoltés. Et je tiens à ce que vous sachiez toute la part que je prends à votre douloureuse peine.
Fidèle à l’ardeur et au travail qu’incarne chaque concitoyen pour l’édification d’un meilleur destin, je n’ignore pas la souffrance qu'éprouve l’ensemble du peuple Congolais.
Je sais qu'un grand nombre de nos compatriotes connaissent des attentes insatisfaites. Cela exige des réponses réelles et attentives là où les préoccupations sont les plus vives.
Dans ces conditions, il nous faut des réformes empreintes de volonté forte et d’objectifs clairs au service du bien général. Le pays entier en a pris conscience. Elles doivent être engagées sans retard en fonction de la diversité des besoins de la population.
Soyons confiants et restons dignes devant les épreuves du temps, avec un désir plus fort de croire à l’avenir. C’est par le triomphe des principes chers à notre Nation que nous pouvons relever le choix de la modernité dans un monde qui change de manière accélérée.
Pour réussir cet avenir, il nous faut le dévouement à l’intérêt général, le courage de l’innovation et l’ouverture vers les autres.
L’amour que nous portons pour le Congo, ne doit pas nous diviser et créer entre nous un mur d’incompréhension. Mais bien au contraire, il doit nous unir et nous rassembler dans un remarquable esprit de fraternité.
C’est ainsi que nous avancerons tous ensemble, dans la paix et l’unité vers le meilleur destin.
Vive la République. Vive le Congo.
Alain Matumona
Congoavenir.com
Mise à jour le 06.07.2007-14h33
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Congo Avenir 2006