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titre: Poésie réelle

" Il est essentiel que la poésie
soit la vertu de la civilisation."


IMBROGLIO

Maintenant que plus rien ne fleurit le bonheur,
Les slogans sont devenus un baroud d'honneur.
Et les doux fruits que produit le sol fertile,
Servent à dorer le couchant des jours futiles.

Plus rien ne sourit à l'ardeur de grands efforts.
Les prédateurs s'emparant de tous les trésors,
Ne ménagent rien ni le sacré patrimoine,
Et nous laissant, ma foi, que la paille d'avoine!

Et pendant que l'intègre appelle au marketing.
Les felins se livrent à faire du dumping,
Les élus passionnés de la gloire et de richesses
Abreuvent les damnés de minables promesses.

Chancun d'eux, subtilement, tire son profit
Sachant que nul ne peut formuler un défi
Digne de concrétiser le fascinant rêve
Dont le fiasco est une misère sans trêve.

    " Les oranges pourries " - Editions La Pensée Universelle, Paris (1986)



BERNIQUE

Où sont partis le délire et l'ivresse
Du temps où les coeurs pétris de liesse
Chantaient en choeur le airs de liberté
Aux tempos grisants des festivités ?

Qu'ont-ils faits des voeux de cette aube exquise
Rayonnant comme une belle surprise
Et que les coeurs ruisselant de passions
Ont salué par des jets d'ovation ?

Que sont devenus ces flots d'assurances
Sur lesquels reposaient nos espérances ?
Pourquoi ont-il enfoui les libertés
Que nous ventions avec tant de fierté ?

Pourtant cette euphorie est éternelle
Par-delà ses torrents de ritournelle.
Et ce beau jour qui revient tous les ans
Est brodé d'un avenir imposant.

Malgré le dur revers, nul n'a la flemme,
La gaieté d'hier est aujourd'hui la même,
Avec l'ences de son rayonnement
Et les plaisirs de tous ses bons moments.

Et puisqu'au-delà du mal qui nous ronge,
Le jours heureux ne sont que des mensonges,
Faut-il boire encor cet âcre liqueur
Au doux parfum d'elixir enjoleur ?

    " Les oranges pourries " - Editions La Pensée Universelle, Paris (1986)



TRIOMPHE

Quand les jours de liberté fleuriront la route
Qui mène sans détours à un bonheur certain,
L'onde emportera tout ce que le coeur redoute.
Et ceux qui s'évertuent à forger le destin,
Etabliront l'équité sans l'ombre d'un doute.

Le sang de nos amours et les pleurs de chagrins
Que font couler les méfaits de la tyrannie,
Ne seront plus qu'un souvenir triste et lointain,
Car, partout resplendira la belle harmonie.

Pas un chant erroné ne viendra passionner
Le coeur de celui qui chante une ode nouvelle.
Seuls, les airs assortis à ces jours fortunés
Vont nous procurer ce que la gaieté recèle.

Plus jamais les tourments du règne enseveli
Ne reviendront chagriner les instants paisibles.
Et par-delà l'idéal des voeux accomplis,
La nature fleurira de bonheur tangible.

Les factices d'antan un à un s'éteindront
Sous les flots harmonieux des lustres pacifiques.
Et, comme la nation deviendra un fleuron,
Nos jours seront ornés de teintes magnifiques.

Plus rien ne viendra agiter le calme épais,
Même pas les clapotis des vagues hostiles.
Et dans ces jours inondés d'amour et de paix,
Chacun aura sa portion de moment tranquille
Comme dans un soir serein dont on se repait
Du coucher de soleil aux nuances subtiles.

    " Les oranges pourries " - Editions La Pensée Universelle, Paris (1986)



CONSTITUTION

Nous te voulons souveraine de tout cœur,
Toi que nous chérissons la noble lumière.
Aujourd'hui, je me tords de vive douleur
De voir l'encens couler en chants de prière,
Dont l'audace éclose en forme d'éventail
Espère emporter dans la nuit épuisée
L'écho gémissant sortant de son bercail,
Que le temps charrie vers la splendeur brisée.

Je vois, du présent à l'infini lointain,
Le désir étourdi des pleurs d'armistice
Déboiser les récifs de l'astre incertain,
Dont l'écume imitant les flots adventices
S'élève en chœur au sommet du firmament,
Aux rythmes saillants de la mer agitée,
Comme un flux de violons berçant bruyamment
Le rêve usé des masses déshéritées.

Qu'importe le mât géant du ciel d'azur
Touchant au doigt impie les lys des rivages
Pétris de sève immortelle d'ambre pur.
J'ai hâte d'entraîner aux clairs paysages
La brume insouciante au pittoresque émoi,
Mêlées d'allégresse au bonheur sporadique,
Pour féconder à travers champs d'autrefois
L'éternelle harmonie des jours pacifiques.

    " L'écume des passions " ( inédit )



HARMONIE - HARMONIE

Nos pleurs emportés par le vent du soir
Ne s'envolent pas comme une feuille morte
Ils s'en vont au loin féconder l'espoir
Afin que le jour levant nous réconforte.

Le temps qui s'écoule en vacarme périlleux,
Que bonifie patiemment le tam-tam en transe,
Active l'éclosion des beaux jours merveilleux
Dont la jouissance invite à entrer dans la danse.

Entrons-y tous sans user nos efforts
Bravant l'onde qui nous opprime sans cesse
Les vents des flots séchés ne sont pas forts
Pour vaincre à loisir nos folles espérances.

Dansons tous le ndombolo au pas cadencé
L'harmonie fugace triomphe de la lyre
Dont l'écho épars aux éloges insensés
S'évapore aux clameurs de l'union en délire.

    " L'écume des passions " ( inédit )



LIBERTE

Le temps ne pourra périr les jours constellés
De joies éternelles au rythme bankolé.
La solitude est vaste et triste au couchant ivre
Quand vient le soir aux délices couverts de givre.

J'attends l'appel au cœur du silence évasé
Pour ouvrir le volet clos au charme écrasé,
Dont l'envie passant d'ombre à larme vermeille
Sème à tous vents l'extase avare de merveilles.

Comment chanter encor avec un bel usage
La liberté traînée à l'abîme des âges,
Dans un délire étrange à l'épopée du jour
Que la révolution fusionne à l'âpre amour ?

De l'absence au rêve où le chagrin s'éternise,
Je vois s'ouvrir le chaos que la gloire irise
Telle une page en flamme illumine à son flanc
La cendre antique expirant dans l'air étouffant.

    " L'écume des passions " ( inédit )

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Congo Avenir 2006