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Mercredi 7 février 2007 samedi 11 février 2012


Trente Juin du 30 Juin


Le Congo fête le 49ème anniversaire de son indépendance.

Proclamée le 30 juin 1960, la célébration du transfère de souveraineté, assumée par le Royaume de Belgique, ne tient pas la même signification de l’idée que je me fais de la République, à travers les lignes forces de notre Histoire.

L’Histoire à la quelle je rends hommage à la marche de son pas assuré vers l'avenir, pour maintenir vivant l’idéal de liberté, de fraternité et de bonheur de tous. Dans lequel le Congo est uni à son destin de l’universel, qu'on ne peut oublier.

Depuis les temps anciens les expéditions vont à la rencontre des peuples.

En 1484, le navigateur Portugais, l’Amiral DIEGO CAO, explore les côtes occidentales des terres africaines. Il découvre l’embouchure du fleuve, appelé aujourd’hui Congo.

Deux ans après, une nouvelle expédition. Il remonte le fleuve jusqu’aux premières rapides. La force des courants fluviaux l’empêche de poursuivre la navigation vers l’aval. S’arrêtant à cet endroit, il noue des relations avec les peuples des rives. Et ouvre des comptoirs marchands, pour faire lever la pâte des liens d’échanges entre les humains.

La source du fleuve et l’intérieur de son bassin, couvrant des affluents perdus dans une épaisse forêt gigantesque, demeurent longtemps inaccessibles.

Mais, en 1865, tout change. LEOPOLD II, Le Duc de Brabant, accède à la Sa Majesté Belge.

Voulant ouvrir au Royaume de Belgique et au monde contemporain des voies nouvelles de progrès, il convoque, en septembre 1876, à Bruxelles, une Conférence géographique internationale. Laquelle a pour but d’organiser des expéditions en vue d’accroître les connaissances géographiques du monde, et en particulier de celles de l’Afrique.

A cette conférence, il convie les explorateurs les plus renommés.

On se rappelle que, parmi les illustres invités, figure HENRY MORTON STANLEY, un explorateur Anglais-Américain. Celui-ci, parvient, en 1874, à explorer le Congo au prix de nombreuses épreuves. Suite à la nature sauvage et dense de la contrée tropicale.

Au retour de cet exploit, STANLEY débarque en France, à Marseille, en janvier 1878. Il acquiert une notoriété internationale. Il fait des conférences, rencontre des élites scientifiques, des hauts fonctionnaires, des délégués internationaux et informe de son voyage, qui a duré trois ans, plusieurs responsables de la planète. Mais son exploit suscite des réserves.

Cependant, tous n’ont pas la même version.

Passionné par ce grand événement, le 30 octobre 1878, le Roi LEOPOLD II passe un accord avec STANLEY pour la mise en valeur du Congo.

Il y investit sa propre fortune pour trouver des débouchés économiques d’envergure, dans une synergie d’activités avec les autochtones. C'est à dire, les hommes et les femmes nés sur le sol où ils habitent, qu’ils y soient originaires ou qu’ils viennent d’ailleurs, selon ma conception de l’universel.

Il établit avec eux des multiples possibilités de coopération et d’échanges, dans la volonté de développer une spécificité d’apport, permettant de répondre décemment aux besoins des habitants.

Mais, à mesure des attentes, le défi se fait considérable. A tel point que l’enjeu devient impossible à tenir dans une entité morcelée en groupement de tributs, à l’absence des structures efficaces et des voies de liaisons adéquates.

Et malgré cet obstacle, longue à résoudre, le Roi LEOPOLD II ne ménage aucun effort. Il s’emploi à créer des centres d’intérêts sociaux, pour rehausser le niveau de vie de tous, au plus près des attentes locales.

A cette priorité, il découvre progressivement que la terre congolaise est assez généreuse pour satisfaire les besoins vitaux des habitants. Et son sous-sol abonde en métaux rares et variés pouvant contribuer à l’essor du l'humanité.

Ce qui, de droit, l’autorise à être fier d’avoir initier la Conférence géographique de Bruxelles. Et de s’employer à porter l’universalité et le bien-être à d’autres peuples du monde.

En février 1885, à la Conférence internationale de Berlin, il obtient la reconnaissance d’un Etat du Congo, placé en charge de ses prérogatives, avec l’établissement des frontières administratives reconnues à l’échelle mondial.

Mais cet acquis méritoire ne porte les principes utiles à l’exercice de la responsabilité élargie. Il n’incarne l’autorité fondamentale pouvant garantir l’espérance d’un devenir étendu à tous, dans les décisions touchant les habitants, à tous les niveaux de la vie économique, sociale et de l’Etat.

Pour ce faire, le 20 août 1908, le Parlement du Royaume de Belgique adopte à l’unanimité la Charte fondatrice de l’Etat du Congo Belge. Selon le principe juridique de deux Etats autonomes l’un de l’autre, sous l’autorité d’une seule et même Constitution, celle de la Belgique.

Ce cadre institutionnel sûr, solide et représentatif de tous, se fait une meilleure assise pour constituer l’étape naturelle d’une grande Nation congolaise, avec une vision prospère du futur.

L’ambition devient progressivement réalité par l’émergence sur l’ensemble du Congo Belge d’infrastructures administratives, sociales, scolaires, économiques, sanitaires, culturelles et sportives sans équivalent en Afrique

De l'essor engagé, par le Royaume de Belgique, Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa) est dans les années 50, la plus moderne capitale d’Afrique.

N’Djili, son aéroport, est doté de la plus longue piste du monde, sur laquelle, deux avions Boeing, peuvent atterrir face à face.

Pendant cette belle époque de prospérité générale, la paix, la sécurité et le bien-être président aux destinées du pays. Sans crainte du quotidien, chacun trouve la jouissance de mieux vivre dans l’effort du travail mieux récompensé.

Mais cette expansion de modernité, ne rencontre l’enthousiasme de tous. Et pour cause ?

Nous sommes en 1957. Une vague de nationalisme issu de la Conférence interpeuple de Bandoeng déferle sur l’Afrique, avec les prétentions d’une nouvelle ère d’autogestion.

Les Congolais adhèrent à ses résolutions, sans les analyser. Ils confondent Nation et nationalisme.

Ils ne prennent pas conscience que la Nation est une communauté d’hommes et de femmes issues d’origines diverses. Et le nationalisme est la haine de l’autre, le rejet de la diversité des individus.

En se solidarisant avec cette notion épouvantable, en tout lieu du pays jaillissent des revendications d’indépendance sur fond des rivalités tribales. Les requêtes pressantes ne sont guère de nature à prendre en comptes l’universalité des réalités locales.

Alors que la Nation nous apprend à s’entraider pour subsister, à lier nos cultures pour mieux se compléter, à garder vivant les liens de fraternité pour mieux vivre ensemble et à partager avec les autres le peu que nous avons de meilleur, afin que l’union dans la diversité soit la force guidant le pays, dans la construction d’un monde meilleur.

Sans plaider en faveur de la cohésion nationale, les divergences d’autonomie se joignent sur la nécessité de s’en prendre aux populations ayant fait le choix de vivre sur le sol du Congo Belge.

Et toute personne n’ayant pas la peau foncée se voit priée de quitter le pays, en cédant droits et acquis aux nationaux. Que le nationalisme définit comme étant des gens qui se ressemblent, pensent, agissent et s’habillent de la même façon que les autres.

Cette conception inacceptable de l’indépendance, créa, au sein des habitants, un déchirement moral, physique et culturel, qui blesse jusqu’ aujourd’hui la mémoire et l’idée qu’on se fait de son pays.

Sous la vague de violences, on a vu des scènes atroces. La haine à l’œuvre saccage, pille, brûle pour imposer la terreur. Sans se soucier du droit à la vie.

Ceux qui ne sont pas Noir reçoivent l’ordre d’aller ailleurs et de laisser après eux leurs biens : maisons, commerces, entreprises, terres agricoles, concessions fonciers, domaines forestiers et gisements miniers.

Au nom l’indépendance, l’autonomie dénient aux habitants le droit d’aimer et de fonder un foyer avec la personne de leur choix. On a vu des couples mixtes arrêtés à leur domicile au petit matin, et séparés du conjoint pour motif de différence raciale.

Des nombreux enfants se sont retrouvés élevés seuls par la mère ou le père, sans jouir de l’éducation joyeuse dans la chaleur familiale de deux parents.

Au nom des atteintes sélectives, suivront d’autres souffrances. On a vu des personnes âgées de race blanche, dont la plupart nées au Congo Belge, jetées sans ménagement dans des bus qui les attendaient. Elles seront conduites vers l’aviation, en destination d’un pays dont elles ne veulent s’y rendre. D’autant que leur pays n’est autre que le Congo Belge, le Congo universel, terre naturelle de vivre ensemble.

On a vu, entre autres, les habitants qui n’ont pas fermé les yeux aux atrocités de haine, servant de cachette à ceux que la violence traquait.

Ils n’ont pas oublié que le Congolais est peuple hospitalier, ouvert et serviable à l’infini. Sachant qu’au-delà de la couleur de race, il n’y a qu’une seule race, la race humaine, dont nous sommes tous issus.

Ces moments pénibles, il m’est difficile de les évoquer tous. Parce que l’on ne sait pas toujours trouver les mots justes pour appeler l’horreur, pour dire le chagrin de celles et ceux qui les ont vécus.

Pour moi, les souvenirs de ses instants de honte et de larmes souillent notre Histoire. Ils sont une injure à notre passé, à nos traditions d’hospitalité et de fraternité, dans lesquels les délits tragiques se trouvent légitimés au nom de la prétendue autonomie.

Il est dans la vie d’une nation l’exigence d’être franc. L’indépendance, telle que nous nous l’avons réclamée, en bafouant les normes universellement admises, constitue, par la force de son d’usage, un déni aux principes fondamentaux de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Nous devons pendre conscience de nos agissements, en reconnaissant les fautes commises. L’indépendance a été le triomphe des idéologies reposant sur la xénophobie et l'exlusion de la diversité, en établissant la préférence entre les d’individus.

Alors qu’il aurait été concevable, en lieu et place de l’indépendance de séparation des personnes, d’opter pour la liberté de vivre ensemble. En mettant l’accent, dès la phase voulue, sur la nécessité d’un cadre normatif des instruments internationaux de paix, de justice et de prospérité. Tout en promouvant sans distinction d’origine, de race et de nationalité, le respect des droits humains, reconnus par toutes les civilisations à l’ensemble des membres de l’humanité.

(A suivre, 2ème partie.)

Alain Matumona

Congoavenir@gmail.com

Mise en ligne le 30.06.2009


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